Les oublieés de la Creuse

Il est vrai que mon professeur m’a demandé de faire le portrait d’un réunionnais que je connais personnellement. Mais lorsque j’ai découvert l’histoire des « oubliés de la Creuse » , je ne pouvais pas rester sans rien faire, et ne pas la partage. Mettre en lumière les méfaits de certaines personnes, les dénoncer, cela n’enlève pas la souffrance certes, mais c’est notre devoir de citoyen. Pour éviter que cela ne se répète.
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Les oubliés de la creuse. A l’école. En métropole. Loin de chez eux… (source: francetvinfo)

Dans les années soixante, l’État français décida d’envoyer des milliers d’enfants réunionnais en métropole. Il s’agissait parfois d’orphelins, et d’autres fois d’enfants que l’on a arraché à leurs parents.

Ce projet, qui a été mené par Jean-Louis Debré, ancien premier ministre, avait un double objectif:

-Repeupler le centre de la France, appelé « diagonale du vide ».

-Éloigner les jeunes réunionnais d’une ile jugée trop peuplée.

En plus de cela, parents et enfants ont étaient victimes d’une escroquerie morale sans nom

S’ajoute à cela un second problème, relaté par Ivan Jablonka, historien au collège de France et auteur de l’ouvrage Enfants en exil:

«Certaines immatriculations ont été effectuées à la va-vite, dans des conditions de légalité sujettes à caution. Cela s’explique par la politique du chiffre menée par la DDASS de la Réunion, sous la pression de Michel Debré, et par le zèle des assistantes sociales qui ont parfois forcé la main à certains parents.»

Sudel Fuma, historien de la Réunion, renchérit:

«Ces dernières promettaient aux parents un avenir de médecin ou d’avocat pour leurs enfant, on présentait la France comme un eldorado. Ces parents ont été victime d’une escroquerie morale. Les services sociaux leurs disaient que leurs enfants reviendraient pour les vacances.»

Une fois choisis, les enfants embarquaient dans un avion pour Paris, puis étaient acheminés jusqu’au foyer de Guéret, dans la Creuse, avant d’être dispatchés dans toute la France.

Certains ont été adoptés, d’autres placés en foyer, en couvent, ou à gages, pour aider aux travaux des champs ou dans l’entreprise familiale. Ivan Jablonka:

«Historien de l’enfance orpheline, j’ai rarement été confronté à tant de souffrances. Dans les archives, on trouve des cas d’enfants de 12 ans qui font des tentatives de suicide, qui sont internés, tombent en dépression ou deviennent délinquants sans raison. On trouve des lettres désespérées qui supplient l’administration de rapatrier leurs auteurs à la Réunion. En vieillissant, alcoolisme, clochardisation, suicides sont monnaie courante.»

Dans cette vidéo, Alice, une réunionnaise qui fait partie de ces enfants oubliés, raconte son histoire. J’ai choisi cette vidéo car les sous-titres permettent une compréhension plus aisée de ce récit. Bon visionnage

 

https://www.youtube.com/watch?v=75upsqKjQLQ

 

Pour les plus curieux, je propose une deuxième vidéo (quasiment de la même durée), mais sans les sous-titres cette fois.

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=kq_9TT3aMtM

 

Sources: www.slate.fr

 

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